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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 22:13

ânes-modifiés

 

 

Vous avez peut-être déjà été tentés, comme moi, de vous intéresser aux ânes élevés dans l'espace anglo-saxons. Forums, sites internet et blogs sont naturellement rédigés dans la langue maternelle des âniers anglais, irlandais, américains, sud-africains ou australiens.
Comme chez nous, le vocabulaire commun de l'élevage équin peut permettre d'exprimer un certain nombre de situations banales, mais il existe aussi un lexique spécifique au monde de l'âne.
Les races françaises n'ont pas d'équivalents dans les pays anglophones. Les gens utilisent donc nos appellations. Le mot Poitou sert de nom propre et d'adjectif. Il m'est arrivé de lire le terme Grand Noir mais en règle générale, en dehors de l'espace européen, nos races, tout comme celles d'Espagne ou d'Italie, sont peu connues. Les animaux de taille moyenne à haute sont classés comme "standard" et "mammoths", termes génériques qui peuvent correspondre à la plupart de nos animaux.
En Amérique, on ne parle pas de races naines, terme jugé péjoratif, mais de "miniature". Le mulet et la mule ne se distinguent que par l'emploi des pronoms personnels masculins ou féminins, alors que l'âne en général "donkey" est bien différencié de l'ânesse "jennet". Par commodité, on utilise les diminutifs "donk" et "jenny". L'ânon, mâle ou femelle, est dit "foal", également utilisé comme verbe: to foal=mettre bas. Ce nom est aussi utilisé pour les poulains, parfois appelés ""colt".
Comme nous avons créé un mot pour l'hybride âne/zèbre (zèbrane), les anglo-saxons ont leur "zedonk".
On trouve un terme spécifique pour le mâle entier, "jack" et, pour le reproducteur, on parle de "breeding jack". To gueld signifie castrer, donc un "guelded" se traduira par "hongre".  To bray est la traduction de braire.
Quelques termes spécifiques aux USA. Les animaux revenus à l'état sauvage, en Arizona, par exemple, sont appelés, à l'hispanique "burros". Nos confrères éleveurs se mobilisent là-bas régulièrement contre des campagnes d'abattage de ces pauvres bêtes par hélicoptère.
Les texans parlent de "tank", en fait un trou d'eau où viennent boire les bêtes.
Une curiosité, enfin: dans les plaines du Middle-west, régions à tornades, sont installées des sirènes pour alerter les gens en cas d'arrivée d'une trombe. La fréquence de ces signaux est proche de celle du braiment de l'âne: une de mes correspondantes voit tout son troupeau se mettre à brailler lorsqu'ont lieu les tests de fiabilité de la sirène du village voisin, alors que les bêtes se moquent complètement de la sirène d'incendie!

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 12:46

BR

 

J’ai bondi vendredi dernier en découvrant dans le Berry républicain, quotidien local, une photographie tirée de ce blog, censée illustrer l’annonce d’une course aux ânes prévue pour la fête de la Chasse de Meillant, et ceci pour plusieurs raisons.
Cette photographie a été vue sur mon blog plusieurs milliers de fois. Même si le risque de confusion est mince, son utilisation peut laisser sous-entendre une relation entre mon élevage et cette fête. Une mise au point s’impose: mes animaux ne participent pas à ce genre de liesse, et la chasse est interdite dans toutes les parcelles que j’utilise.
L’auteur de l’article a fait son travail honnêtement. Il ne pouvait pas savoir, faute d’information, que la photo se trouvant dans sa base documentaire était une copie non autorisée d’une illustration provenant d’un de mes articles. Il ignorait que cette photographie a été prise avec un simple APN, pas avec un de ces beaux appareils que les professionnels de la photographie promènent sur les foires, fêtes ou concerts où je les croise parfois.
La personne qui a recopié ma photo n’a pas du penser que ce n’était pas une prise de vue au hasard, comme des millions de gens en font avec leur téléphone portable, que j’avais choisi l’heure, l’ensoleillement et le cadrage pour éviter les verrues du paysage et mon ombre sur l’image, puis effacé une bonne trentaine de ses semblables avant de garder celle qui me convenait à peu près.
Mais elle ne pouvait pas ignorer les règles en matière de crédit photographique (les professionnels de l’image sont en général très chatouilleux sur la question et assez procéduriers quand il s’agit de défendre leurs droits). Mes blogs sont des espaces gratuits, libres de publicité, prévus pour être accessibles au plus grand nombre. Ceci ne dispense pas les journalistes de métier de respecter la Loi.

 

P1030874.jpg

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 09:25

FAA-21012-1

 

La foire aux ânes 2012, à Lignières-en-Berry a été pour moi une source d’étonnements. Cette foire, je crois l’avoir visitée pour la première fois en 1988 ou 1989. J’y ai exposé mon premier animal en 1992 et, depuis, je n’en ai manqué qu’une seule édition pour un soucis de véhicule. J’y ai présenté mes bêtes avec un bras dans le plâtre, j’ai fait grève pour y assister l’année où le bon m. Raffarin a voulu supprimer le congé du lundi de Pentecôte, j’y ai été juge, j’ai aidé certaines années à la monter...Bref, et même si certains de mes “amis” continuent à serrer les dents à en attraper des caries quand ils m’y croisent, je m’y sens un peu chez moi. Et quand on est chez soi, on repère vite les invités qui mettent du désordre.
Oh non, pas celui auquel vous pensez. Les marchands d’ânes aux trois-quarts ivres beuglant en fin de foire, se bousculant même quand les choses tournaient à l’aigre, c’est du passé. Passé aussi le temps où les premiers éleveurs se connaissaient tous, où l’on se concertait entre étalonniers pour assurer la plus belle présentation possible des baudets, dans le respect des propriétaires les plus âgés. Les seuls uniformes qu’on trouvait sur la foire étaient ceux des agents des Haras, des gendarmes et, quand le soleil avait tapé un peu fort, celui des pompiers.
Cette année, les codes vestimentaires répondaient plus au folklore des hippodromes qu’à celui des champs de foire. Comme, j’imagine, dans une certaine société du Cheval, on  a marqué nettement la distance, on a déballé des kilos de matériel, de crèmes, de lustrant pour bien montrer où on se situe sur l’échelle des valeurs des propriétaires d’équidés.
L’individualisme a fait aussi des progrès: c’est la première fois sur un concours que je vois une bonne douzaine d’exposants passer devant ma fille dont l’ânesse ne voulait pas avancer sans faire un geste pour l’aider. C’est le plus âgé des meneurs, un habitué du lieu, qui a été assez sympathique pour donner la petite tape sur la croupe de l’animal pour débloquer la situation. Qu’il en soit ici remercié.
En résumé, la foire 2012 a apporté une preuve de plus que l’élevage Grand Noir se porte mal. Heureusement, il reste des éleveurs sur foirail, et j’entends par éleveurs des gens qui ont développé leur souche, qui ont des naissances, qui savent ce qu’est une saillie, qui ont perdu des animaux, qui interviennent spontanément quand il y a un problème avec un baudet, qui donnent un coup de main pour aider à monter dans le van une bête fatiguée. Mais combien sont-ils?
Moins assurément que ces propriétaires qui étalent leur suffisance parce qu’acquéreurs de belles ânesses Grand Noir, et qui vous toisent parce que vos animaux sont plus âgés que les leurs. Dommage qu’ils soient venus si tard à Lignières: il y a quinze ans, ils auraient vu des ânes aussi beaux, sinon plus, nés dans les élevages pionniers, sans tous ces falbalas.
On ne sait trop ce que va devenir la foire du lundi de Pentecôte à Lignières. On espère que la formule actuelle va encore durer un peu, et, si tel état le cas, je me ferai un honneur et un plaisir de continuer à la fréquenter, et à m’y comporter comme dans les tout débuts, en souvenir de tous ces âniers des premiers temps qui ont mis le Grand Noir sur pieds, et dont j’ai un peu l’impression qu’on est en train de dilapider l’héritage.

 

FAA-2012-2

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 18:49

Berry-mag-n°102

 

La revue trimestrielle Berry magazine, avec laquelle je collabore depuis deux ans, m'a offert un espace pour faire le point sur l'histoire de l'âne en Berry, des origines hypothétiques jusqu'à la reconnaissance de la race Grand Noir. Vous pouvez retrouver ce dossier dans le numéro d'été, au prix de 8€ dans la plupart des maisons de la Presse des départements du Centre et certaines grandes surfaces.

Les amateurs d'histoire locale trouveront aussi un point sur la disparition d'un petit manoir bourbonnais vendu à un Américain dans les années qui suivirent la Grande guerre, et disparu depuis.

Bonne lecture, et bon été à toutes et tous!

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 23:15

visites blog

 

Je ne sais pas, vous, mais moi, je m'ennuie  profondément devant les émissions de la télévision qui parlent du Berry. A les écouter, j'ai toujours l'impression qu'on parle d'un vernis pour touriste aussi différend de la réalité que le verre d'une bouteille peut l'être du vin qu'elle contient, aussi me suis-je dispensé sans remords de regarder Des racines et des ailes il y a deux semaines. A ce qu'on m'en a dit, l'âne noir y a été mis en valeur et  j'en suis très heureux pour les éleveurs qui ont représenté la race.
C'est donc avec une certaine surprise amusée que j'ai découvert, quelques jours après, ce pic de fréquentation enregistré par mon blog Âne Grand Noir du Berry, qui prouve que les téléspectateurs, cherchant des précisions sur l'âne du Berry, sont arrivés en masse dans cet espace. L'ironie de la situation, c'est qu'aucun âne de Meslon n'était au sommaire du reportage, mais que ce sont bien eux que les gens sont venus découvrir une fois l'émission passée. Merci donc à Antenne 2 pour ce coup promotionnel aussi involontaire qu'efficace!

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 20:10

hiver-champdeuil

 

L’hiver est passé. Nous voici plus de 6 mois après le passage de l’émission “30 millions d’amis” dédiée à l’histoire du Grand Noir du Berry et le moins qu’on puisse dire, c’est que cet événement n’a été qu’une succession de déceptions.
Primitivement, le projet était de tourner dans notre élevage et chez des voisins un sujet sur l’âne du et en Berry. Nous avons donc emmené le vidéaste tourner des plans chez plusieurs propriétaires qui, légitimement, auraient aimé passer dans l’émission. Puis nous avons appris qu’il faudrait partager les 8 minutes de film avec le “musée de l’âne” de Lignières, que je ne connais pas et qui ne fait pas partie de mes partenaires. Les deux séquences filmées à l’extérieur de notre troupeau n’ont pas été présentées dans l’émission, ce qui a plus que déçu les gens qui nous avaient accueillis et qui nous avaient consacré du temps.
Enfin est arrivé le jour tant attendu. Sans le coup de fil passé quelques semaines avant par Heinz Cadera, le photographe qui était venu faire le film, et que je remercie chaleureusement et publiquement pour sa gentillesse et sa conscience professionnelle, nous n’aurions jamais eu à l’avance la date de l’émission. France 3 nous avait pourtant promis de nous contacter, par téléphone ou mail. Peine perdue, les promesses, c’est bien connu, n’engagent que ceux qui y croient.
Nos amies de la presse locale s’étaient amusées à écrire un petit billet sur le sujet, nous avions prévenu nos connaissances dans la région, plusieurs éleveurs d’ânes en Grande-Bretagne et aux USA avaient trouvé des liens internet pour voir l’émission en direct, bref, pas mal de monde était devant son écran à l’heure dite. La déception a été à la mesure de l’attente. A la place des 30 millions d’amis promis, France 3 nous a servi un match de tennis, sans autre forme de procès. Nous avons patienté un quart d’heure, une demi-heure, une heure sans voir l’ombre d’un âne à l’écran. La journée était belle, des monuments étaient ouverts pour les Journées du Patrimoine, nous avons jeté l’éponge et sommes partis nous promener...pour apprendre plus tard dans l’après-midi, par un coup de fil, que nous passions à la télé, le match étant fini et le Français ayant perdu. Quelques rares chanceux ont pu suivre le reportage, qu’on a retrouvé, en tout petit écran, sur internet, la semaine suivante, avant que le lien soit effacé.
Plus de 6 mois après, le DVD promis par France 3 n’a jamais été envoyé. On aura perdu aussi notre adresse, dans les bureaux parisiens...
Le bilan? Je ne dirai pas que j’ai perdu mon temps, car j’ai vraiment apprécié de travailler avec Heinz Cadera, mais je l’ai fait perdre à d’autres personnes, oubliées par la production. La chaîne France 3 a su nous trouver quand elle a eu besoin, mais n’a pas été fichue de tenir le moindre de ses engagements en contrepartie.
Le reportage ne nous a amené aucun contact, a déçu plein de gens qui l’attendaient à l’heure promise par les programmes et nous n’en avons même pas gardé un souvenir.
J’aurais dû refuser ce projet. Ça me servira de leçon pour la prochaine fois.

 


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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 08:54

médaille-érotique

 

Que mes lecteurs ne se méprennent pas sur mes intentions: l’auteur de  ce blog n’est pas atteint d’érotomanie aiguë, mais seulement confronté à un petit mystère numismatique.
Une de mes connaissances m’a confié pour identification cette médaille de bronze uniface, de plus de 2 mms d’épaisseur pour un diamètre d’environ 5 cms, représentant un couple cherchant le chemin du 7e ciel sur le dos d’un âne en rut. La médaille comporte une bélière pour fixer un ruban ou un lacet. Le lien, tordu, je le reconnais, avec l’âne du Berry, est que cet objet a été découvert dans un potager du centre-ville de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, enterré assez profond, et a refait surface au hasard d’un coup de bêche. Je n’ai pas pu savoir, l’inventeur étant depuis décédé, dans quel état se trouvait la médaille, oxydée ou non au moment de sa découverte.
J’essaie en vain d’identifier ce bijou. Une de mes collègues, spécialiste de l’histoire de l’érotisme et de la pornographie, n’en avait encore jamais vu. Aucun catalogue de vente de monnaies et médailles anciennes n’en dispose. Son diamètre et son poids excluent l’hypothèse d’un jeton de maison-close.
Recherchant sur Internet, je n’ai retrouvé qu’une seule référence identique: une médaille similaire transformée en briquet de soldat de la Guerre de 14, ce qui a moins le mérite de dater d’au moins un siècle la fabrication de cette curiosité. Le style des costumes, ou du moins ce qu’il en reste, du couple n’a rien de berrichon ou de bourbonnais.
C’est pourquoi j’appelle à l’aide toutes les bonnes volontés qui auraient déjà vu une telle œuvre, éleveurs d’ânes, historiens, numismates, collectionneurs... Si vous avez des renseignements sur l’origine de l’objet, la fonderie qui l’a réalisé, sa fonction, des photographies, des liens en ligne ou autres informations, je vous serai reconnaissant d’utiliser la fonction “commentaire” en bas de cet article ou, si vous ne souhaitez pas que votre nom soit visible, d’écrire à l’adresse suivante:
Berrymedieval@yahoo.fr
Il est bien entendu que je livrerai ici les résultats de l’enquête, quitte à effacer et à réécrire ce billet quand j’en saurai plus sur la question. Il est aussi entendu que cette pièce n’est pas à vendre ni à échanger, tout message en ce sens passera aux oubliettes!
Merci de votre aide et de votre sagacité...

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 08:13

30-millions

 

Il y a plusieurs mois, j'ai eu la surprise d'être contacté par la rédaction de l'émission 30 millions d'amis, qui, par l'intermédiaire de ce blog, avait découvert mes activités d'historien et d'éleveur, et envisageait de réaliser un reportage sur le sujet. Au début de l'été, le photographe Heinz Cadera est venu passer quelques jours en Boischaut pour faire toute une série de prises de vue, filmant tant dans notre élevage que chez des voisins eux aussi propriétaires d'ânes. Jonglant avec sa caméra entre deux rayons de soleil d'un site à l'autre, notre cameraman a ramené assez de matériel pour monter un reportage qui passera le dimanche 18 septembre vers 13h sur la chaîne publique France 3.

Le travail de Heinz n'est pas une approche didactique sur la race Grand Noir du Berry. Son souhait était d'aborder le sujet par un angle plus humain et quotidien que ce que nous autres habitués de l'animal avons l'habitudede faire. J'attends avec impatience le résultat.

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 11:23

Guy

 

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons découvert, dans le journal, l’annonce du décès de Guy Imbault. Avec lui se tourne une page simple mais authentique de l’histoire de la race Grand Noir. Permettez moi, en guise d’adieu, d’évoquer les souvenirs que j’ai de ce garçon, qui fut, en son temps, l’un de ceux qui tinrent le Grand Noir du Berry sur les fonds baptismaux.
Je connais peu de chose sur l’histoire de sa vie. Il fut appelé en Algérie, ouvrier à Bigny, retraité à Vallenay. Guy était un homme joyeux, un brin polisson, sans jamais être malhonnête, avec les dames. La tête que fit une jeune vétérinaire du Salon de l’Agriculture à l’explication du verbe “défoureauter” (présenter ses hommages les plus virils) restera pour moi un immense moment.
La première image dont je me souvienne date de 1994. Guy, tenant à la bride Pompon d’Uzay, venant faire saillir mon ânesse Tara. Le baudet était puissant, l’étalonnier paraissait petit à coté de l’animal, mais maîtrisait parfaitement la bête. De cette première et unique rencontre naquit mon âne Huriel, que Guy venait régulièrement voir sur le champ de foire de Lignières, venant retrouver à ses coté un peu de Pompon, mort à la fin de sa première et unique saison de monte officielle.

 

Huriel-naissance

 

J’ai eu plus tard le plaisir de passer quelques jours en sa compagnie au salon de l’Agriculture. Guy y était venu avec Fiat, son ânesse, fille de Pompon, la présentait en main et à l’ attelage, avec une dextérité que beaucoup lui enviaient. J’ai pu retrouver d’anciennes diapositives de leur présence sous les bétons de la Portes de Versailles, qui illustrent ce billet.

 

Guy1

 

Guy Imbault voyait en moi un sorte de revanche. Lui, ouvrier, sans diplôme, faisant la leçon à un professeur...la hiérarchie sociale classique s’inversait. C’est lui qui m’a montré comment faire saillir en main Huriel, qu’il confondait quelquefois avec son vieux Pompon, tellement le père et le fils se ressemblaient, comment se placer, comment régler la tension du mors, comment éviter les coups de pieds. Tous les gens qui possèdent chez eux la descendance de mon âne lui doivent un peu quelque chose. Tous ceux qui ont chez eux des produits de Gabriel et de Kléo lui doivent beaucoup plus. Guy a donné à la race Grand Noir deux baudets splendides, fils de sa pauvre Fiat, morte empoisonnée.
Guy nous a quitté. Que sa famille et ses proches reçoivent par ces lignes le témoignage d’une peine sincère. Que la terre lui soit légère...

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 17:50

concours-2011

 

L’année dernière, fêtant son 25e anniversaire, la foire aux ânes et aux mules de Lignières semblait pencher vers un abandon définitif par ses initiateurs, usés par tant d’années de chemin solitaire sur les routes de la promotion des races asines. Des nouvelles rassurantes sur l’édition 2011 nous étaient parvenues grâce à la presse locale. C’est donc avec une certaine satisfaction que nous avons débarqué une de nos ânesses lundi matin sur le champ de foire bien connu du monde de l’âne, entamant notre 18e participation depuis 1992, avec Kolinda, petite-fille de Cyrano, l’âne que nous avions engagé lors de notre première présence en tant que propriétaire à la foire de Lignières.
Aucune foire ne ressemble aux précédentes. Celle ci avait ses points forts et ses points faibles. On déplorera: la sonorisation assourdissante (impossible de parler avec le public pendant l’animation de l’après-midi), le fond musical (on est à la campagne, mais il ne faut quand même pas abuser), l’absence de notre ami J.J. Smith, ânier, musicien et vigneron émérite, et de son vin de Quincy, dit “vin à Jean-Jacques”, et surtout le faible nombre d’ânes présents (environ 140, a-t-on dit, alors que le chiffre de 350 avait circulé une année).
On a apprécié: l’organisation et l’accueil des Thiaulins, organisateurs de la fête, la qualité des échanges avec les visiteurs, le temps clément, la présence d’éleveurs venus de très loin, avec des bêtes de grande tenue, la présence d’éleveurs du cru, avec des bêtes d’aussi bonne tenue, l’animation assurée par le cirque Bidon, l’aptitude des gens qui ne m’aiment pas à m’éviter, les rencontres avec les journalistes, l’intérêt des politiques locaux, les stands, dont celui de l’ADADA, qui communiquait sur tous ses efforts pour soulager les souffrances asines, la qualité des Grand Noir présents sur le site.

 

anesses-avant

10 ans en arrière

 

 

On ne peut pas perpétuellement gémir sur le temps passé, mais il est clair que la foire est un bon baromètre des tendances actuelles, et que la faiblesse des effectifs animaux présentés par les éleveurs est autant la conséquence d’un choix, que je déplore, dans l’organisation de la foire, que de la situation économique que nous traversons.
Les grandes années de la foire avaient été assurées, à la fin des années 90, par des légions d’ânes communs et d’ânes d’autres races que le Grand Noir, auxquels étaient consacrés des concours, pas si mal jugés et organisés que je l’ai entendu dire au micro ce lundi. Les concours donnaient lieu à un spectacle très prisé des visiteurs, et j’ai encore un souvenir ému d’une ronde de 15 baudets Grand Noir jugés “à la louche”, mais ça ne gênait personne à l’époque. En races communes, des animaux splendides concouraient pour le plaisir de leurs propriétaires et des spectateurs présents, jugés par des éleveurs de race, des maréchaux-ferrants, des dresseurs, des gens qui vivaient quotidiennement au contact de l’âne.
En choisissant de ne plus ouvrir le concours de la Pentecôte qu’aux ânes Grand Noir et aux mules, la foire a basculé dans une forme d’élitisme qui lui a fait perdre plus de la moitié de des effectifs: éleveurs, animaux et visiteurs. Doublon du concours national de race de septembre, la présentation des Grand Noir a perdu son caractère spectaculaire pour devenir un exercice technique assez abstrait pour les non-initiés. L’abandon des concours de races extra-régionales et communes a été perçu comme une ségrégation. En somme, hors des mulets et des Noirs du Berry, point de salut à attendre à Lignières.
L’effondrement des effectifs a été spectaculaire, et décevant pour tous.
L’autre raison pour laquelle la foire a perdu en importance est la crise économique. Même si les acheteurs d’ânes sont des gens de bien, l’argent se fait rare et l’immobilier en campagne -pas mal de bêtes étaient cédées à des néo-ruraux- subit un recul des ventes spectaculaire. Moins d’acheteurs, c’est aussi moins de vendeurs, et moins d’animaux à l’attache.
On soulignera aussi la disparition de plein de petits éleveurs locaux, qui ont cessé leur activité, l’essaimage de beaucoup d’ânes du Berry loin de la région, la concurrence de petites foires de pays...on comprend la lassitude des Thiaulins devant cette érosion du succès de leur fête.
Parlons un peu de mon élevage. Comme certains l’avaient constaté, je ne venais plus à Lignières que pour soutenir, par ma présence, les organisateurs. Ayant largement atteint mes objectifs initiaux en matière de concours, mes ânes ne venaient plus que faire de la figuration à la barre. Cette année, ma fille de 13 ans m’a tanné pour que je lui laisse présenter une de ses ânesses. Nous sommes donc venu avec Kolinda, ânesse âgée elle aussi de 13 ans, handicapée par des sabots affreux, bien que parés par un professionnel il y a un mois et demi, et surtout la moins grasse de nos femelles. Le jury ne s’y est pas trompé, et à envoyé la bête dans l’enfer du dernier tiers du classement, en toute logique. Le contrat a été largement rempli: ma fille a fait son premier concours, l’ânesse s’est bien tenue, nous avons apprécié la présentation de très beaux animaux, dont une partie issue de la souche d’Huriel, notre baudet, ce qui doit rendre honteux mes détracteurs à l’époque où je pratiquais l’étalonnage, j’ai enfin rencontré des gens charmants, que je ne connaissais qu’au téléphone....une très belle journée.
Jean-Jacques, si tu me lis, reviens, avec Maryline, tu nous as manqué....

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