Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 20:10

hiver-champdeuil

 

L’hiver est passé. Nous voici plus de 6 mois après le passage de l’émission “30 millions d’amis” dédiée à l’histoire du Grand Noir du Berry et le moins qu’on puisse dire, c’est que cet événement n’a été qu’une succession de déceptions.
Primitivement, le projet était de tourner dans notre élevage et chez des voisins un sujet sur l’âne du et en Berry. Nous avons donc emmené le vidéaste tourner des plans chez plusieurs propriétaires qui, légitimement, auraient aimé passer dans l’émission. Puis nous avons appris qu’il faudrait partager les 8 minutes de film avec le “musée de l’âne” de Lignières, que je ne connais pas et qui ne fait pas partie de mes partenaires. Les deux séquences filmées à l’extérieur de notre troupeau n’ont pas été présentées dans l’émission, ce qui a plus que déçu les gens qui nous avaient accueillis et qui nous avaient consacré du temps.
Enfin est arrivé le jour tant attendu. Sans le coup de fil passé quelques semaines avant par Heinz Cadera, le photographe qui était venu faire le film, et que je remercie chaleureusement et publiquement pour sa gentillesse et sa conscience professionnelle, nous n’aurions jamais eu à l’avance la date de l’émission. France 3 nous avait pourtant promis de nous contacter, par téléphone ou mail. Peine perdue, les promesses, c’est bien connu, n’engagent que ceux qui y croient.
Nos amies de la presse locale s’étaient amusées à écrire un petit billet sur le sujet, nous avions prévenu nos connaissances dans la région, plusieurs éleveurs d’ânes en Grande-Bretagne et aux USA avaient trouvé des liens internet pour voir l’émission en direct, bref, pas mal de monde était devant son écran à l’heure dite. La déception a été à la mesure de l’attente. A la place des 30 millions d’amis promis, France 3 nous a servi un match de tennis, sans autre forme de procès. Nous avons patienté un quart d’heure, une demi-heure, une heure sans voir l’ombre d’un âne à l’écran. La journée était belle, des monuments étaient ouverts pour les Journées du Patrimoine, nous avons jeté l’éponge et sommes partis nous promener...pour apprendre plus tard dans l’après-midi, par un coup de fil, que nous passions à la télé, le match étant fini et le Français ayant perdu. Quelques rares chanceux ont pu suivre le reportage, qu’on a retrouvé, en tout petit écran, sur internet, la semaine suivante, avant que le lien soit effacé.
Plus de 6 mois après, le DVD promis par France 3 n’a jamais été envoyé. On aura perdu aussi notre adresse, dans les bureaux parisiens...
Le bilan? Je ne dirai pas que j’ai perdu mon temps, car j’ai vraiment apprécié de travailler avec Heinz Cadera, mais je l’ai fait perdre à d’autres personnes, oubliées par la production. La chaîne France 3 a su nous trouver quand elle a eu besoin, mais n’a pas été fichue de tenir le moindre de ses engagements en contrepartie.
Le reportage ne nous a amené aucun contact, a déçu plein de gens qui l’attendaient à l’heure promise par les programmes et nous n’en avons même pas gardé un souvenir.
J’aurais dû refuser ce projet. Ça me servira de leçon pour la prochaine fois.

 


Par Olivier Trotignon - Publié dans : actualité - Communauté : Monde Animals
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Mercredi 29 février 2012 3 29 /02 /Fév /2012 08:54

médaille-érotique

 

Que mes lecteurs ne se méprennent pas sur mes intentions: l’auteur de  ce blog n’est pas atteint d’érotomanie aiguë, mais seulement confronté à un petit mystère numismatique.
Une de mes connaissances m’a confié pour identification cette médaille de bronze uniface, de plus de 2 mms d’épaisseur pour un diamètre d’environ 5 cms, représentant un couple cherchant le chemin du 7e ciel sur le dos d’un âne en rut. La médaille comporte une bélière pour fixer un ruban ou un lacet. Le lien, tordu, je le reconnais, avec l’âne du Berry, est que cet objet a été découvert dans un potager du centre-ville de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, enterré assez profond, et a refait surface au hasard d’un coup de bêche. Je n’ai pas pu savoir, l’inventeur étant depuis décédé, dans quel état se trouvait la médaille, oxydée ou non au moment de sa découverte.
J’essaie en vain d’identifier ce bijou. Une de mes collègues, spécialiste de l’histoire de l’érotisme et de la pornographie, n’en avait encore jamais vu. Aucun catalogue de vente de monnaies et médailles anciennes n’en dispose. Son diamètre et son poids excluent l’hypothèse d’un jeton de maison-close.
Recherchant sur Internet, je n’ai retrouvé qu’une seule référence identique: une médaille similaire transformée en briquet de soldat de la Guerre de 14, ce qui a moins le mérite de dater d’au moins un siècle la fabrication de cette curiosité. Le style des costumes, ou du moins ce qu’il en reste, du couple n’a rien de berrichon ou de bourbonnais.
C’est pourquoi j’appelle à l’aide toutes les bonnes volontés qui auraient déjà vu une telle œuvre, éleveurs d’ânes, historiens, numismates, collectionneurs... Si vous avez des renseignements sur l’origine de l’objet, la fonderie qui l’a réalisé, sa fonction, des photographies, des liens en ligne ou autres informations, je vous serai reconnaissant d’utiliser la fonction “commentaire” en bas de cet article ou, si vous ne souhaitez pas que votre nom soit visible, d’écrire à l’adresse suivante:
Berrymedieval@yahoo.fr
Il est bien entendu que je livrerai ici les résultats de l’enquête, quitte à effacer et à réécrire ce billet quand j’en saurai plus sur la question. Il est aussi entendu que cette pièce n’est pas à vendre ni à échanger, tout message en ce sens passera aux oubliettes!
Merci de votre aide et de votre sagacité...

Par Olivier Trotignon - Publié dans : Histoire - Communauté : Monde Animals
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Samedi 3 septembre 2011 6 03 /09 /Sep /2011 08:13

30-millions

 

Il y a plusieurs mois, j'ai eu la surprise d'être contacté par la rédaction de l'émission 30 millions d'amis, qui, par l'intermédiaire de ce blog, avait découvert mes activités d'historien et d'éleveur, et envisageait de réaliser un reportage sur le sujet. Au début de l'été, le photographe Heinz Cadera est venu passer quelques jours en Boischaut pour faire toute une série de prises de vue, filmant tant dans notre élevage que chez des voisins eux aussi propriétaires d'ânes. Jonglant avec sa caméra entre deux rayons de soleil d'un site à l'autre, notre cameraman a ramené assez de matériel pour monter un reportage qui passera le dimanche 18 septembre vers 13h sur la chaîne publique France 3.

Le travail de Heinz n'est pas une approche didactique sur la race Grand Noir du Berry. Son souhait était d'aborder le sujet par un angle plus humain et quotidien que ce que nous autres habitués de l'animal avons l'habitudede faire. J'attends avec impatience le résultat.

Par Olivier Trotignon - Publié dans : actualité - Communauté : Monde Animals
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Dimanche 28 août 2011 7 28 /08 /Août /2011 11:23

Guy

 

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons découvert, dans le journal, l’annonce du décès de Guy Imbault. Avec lui se tourne une page simple mais authentique de l’histoire de la race Grand Noir. Permettez moi, en guise d’adieu, d’évoquer les souvenirs que j’ai de ce garçon, qui fut, en son temps, l’un de ceux qui tinrent le Grand Noir du Berry sur les fonds baptismaux.
Je connais peu de chose sur l’histoire de sa vie. Il fut appelé en Algérie, ouvrier à Bigny, retraité à Vallenay. Guy était un homme joyeux, un brin polisson, sans jamais être malhonnête, avec les dames. La tête que fit une jeune vétérinaire du Salon de l’Agriculture à l’explication du verbe “défoureauter” (présenter ses hommages les plus virils) restera pour moi un immense moment.
La première image dont je me souvienne date de 1994. Guy, tenant à la bride Pompon d’Uzay, venant faire saillir mon ânesse Tara. Le baudet était puissant, l’étalonnier paraissait petit à coté de l’animal, mais maîtrisait parfaitement la bête. De cette première et unique rencontre naquit mon âne Huriel, que Guy venait régulièrement voir sur le champ de foire de Lignières, venant retrouver à ses coté un peu de Pompon, mort à la fin de sa première et unique saison de monte officielle.

 

Huriel-naissance

 

J’ai eu plus tard le plaisir de passer quelques jours en sa compagnie au salon de l’Agriculture. Guy y était venu avec Fiat, son ânesse, fille de Pompon, la présentait en main et à l’ attelage, avec une dextérité que beaucoup lui enviaient. J’ai pu retrouver d’anciennes diapositives de leur présence sous les bétons de la Portes de Versailles, qui illustrent ce billet.

 

Guy1

 

Guy Imbault voyait en moi un sorte de revanche. Lui, ouvrier, sans diplôme, faisant la leçon à un professeur...la hiérarchie sociale classique s’inversait. C’est lui qui m’a montré comment faire saillir en main Huriel, qu’il confondait quelquefois avec son vieux Pompon, tellement le père et le fils se ressemblaient, comment se placer, comment régler la tension du mors, comment éviter les coups de pieds. Tous les gens qui possèdent chez eux la descendance de mon âne lui doivent un peu quelque chose. Tous ceux qui ont chez eux des produits de Gabriel et de Kléo lui doivent beaucoup plus. Guy a donné à la race Grand Noir deux baudets splendides, fils de sa pauvre Fiat, morte empoisonnée.
Guy nous a quitté. Que sa famille et ses proches reçoivent par ces lignes le témoignage d’une peine sincère. Que la terre lui soit légère...

Par Olivier Trotignon - Publié dans : actualité - Communauté : Monde Animals
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Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 17:50

concours-2011

 

L’année dernière, fêtant son 25e anniversaire, la foire aux ânes et aux mules de Lignières semblait pencher vers un abandon définitif par ses initiateurs, usés par tant d’années de chemin solitaire sur les routes de la promotion des races asines. Des nouvelles rassurantes sur l’édition 2011 nous étaient parvenues grâce à la presse locale. C’est donc avec une certaine satisfaction que nous avons débarqué une de nos ânesses lundi matin sur le champ de foire bien connu du monde de l’âne, entamant notre 18e participation depuis 1992, avec Kolinda, petite-fille de Cyrano, l’âne que nous avions engagé lors de notre première présence en tant que propriétaire à la foire de Lignières.
Aucune foire ne ressemble aux précédentes. Celle ci avait ses points forts et ses points faibles. On déplorera: la sonorisation assourdissante (impossible de parler avec le public pendant l’animation de l’après-midi), le fond musical (on est à la campagne, mais il ne faut quand même pas abuser), l’absence de notre ami J.J. Smith, ânier, musicien et vigneron émérite, et de son vin de Quincy, dit “vin à Jean-Jacques”, et surtout le faible nombre d’ânes présents (environ 140, a-t-on dit, alors que le chiffre de 350 avait circulé une année).
On a apprécié: l’organisation et l’accueil des Thiaulins, organisateurs de la fête, la qualité des échanges avec les visiteurs, le temps clément, la présence d’éleveurs venus de très loin, avec des bêtes de grande tenue, la présence d’éleveurs du cru, avec des bêtes d’aussi bonne tenue, l’animation assurée par le cirque Bidon, l’aptitude des gens qui ne m’aiment pas à m’éviter, les rencontres avec les journalistes, l’intérêt des politiques locaux, les stands, dont celui de l’ADADA, qui communiquait sur tous ses efforts pour soulager les souffrances asines, la qualité des Grand Noir présents sur le site.

 

anesses-avant

10 ans en arrière

 

 

On ne peut pas perpétuellement gémir sur le temps passé, mais il est clair que la foire est un bon baromètre des tendances actuelles, et que la faiblesse des effectifs animaux présentés par les éleveurs est autant la conséquence d’un choix, que je déplore, dans l’organisation de la foire, que de la situation économique que nous traversons.
Les grandes années de la foire avaient été assurées, à la fin des années 90, par des légions d’ânes communs et d’ânes d’autres races que le Grand Noir, auxquels étaient consacrés des concours, pas si mal jugés et organisés que je l’ai entendu dire au micro ce lundi. Les concours donnaient lieu à un spectacle très prisé des visiteurs, et j’ai encore un souvenir ému d’une ronde de 15 baudets Grand Noir jugés “à la louche”, mais ça ne gênait personne à l’époque. En races communes, des animaux splendides concouraient pour le plaisir de leurs propriétaires et des spectateurs présents, jugés par des éleveurs de race, des maréchaux-ferrants, des dresseurs, des gens qui vivaient quotidiennement au contact de l’âne.
En choisissant de ne plus ouvrir le concours de la Pentecôte qu’aux ânes Grand Noir et aux mules, la foire a basculé dans une forme d’élitisme qui lui a fait perdre plus de la moitié de des effectifs: éleveurs, animaux et visiteurs. Doublon du concours national de race de septembre, la présentation des Grand Noir a perdu son caractère spectaculaire pour devenir un exercice technique assez abstrait pour les non-initiés. L’abandon des concours de races extra-régionales et communes a été perçu comme une ségrégation. En somme, hors des mulets et des Noirs du Berry, point de salut à attendre à Lignières.
L’effondrement des effectifs a été spectaculaire, et décevant pour tous.
L’autre raison pour laquelle la foire a perdu en importance est la crise économique. Même si les acheteurs d’ânes sont des gens de bien, l’argent se fait rare et l’immobilier en campagne -pas mal de bêtes étaient cédées à des néo-ruraux- subit un recul des ventes spectaculaire. Moins d’acheteurs, c’est aussi moins de vendeurs, et moins d’animaux à l’attache.
On soulignera aussi la disparition de plein de petits éleveurs locaux, qui ont cessé leur activité, l’essaimage de beaucoup d’ânes du Berry loin de la région, la concurrence de petites foires de pays...on comprend la lassitude des Thiaulins devant cette érosion du succès de leur fête.
Parlons un peu de mon élevage. Comme certains l’avaient constaté, je ne venais plus à Lignières que pour soutenir, par ma présence, les organisateurs. Ayant largement atteint mes objectifs initiaux en matière de concours, mes ânes ne venaient plus que faire de la figuration à la barre. Cette année, ma fille de 13 ans m’a tanné pour que je lui laisse présenter une de ses ânesses. Nous sommes donc venu avec Kolinda, ânesse âgée elle aussi de 13 ans, handicapée par des sabots affreux, bien que parés par un professionnel il y a un mois et demi, et surtout la moins grasse de nos femelles. Le jury ne s’y est pas trompé, et à envoyé la bête dans l’enfer du dernier tiers du classement, en toute logique. Le contrat a été largement rempli: ma fille a fait son premier concours, l’ânesse s’est bien tenue, nous avons apprécié la présentation de très beaux animaux, dont une partie issue de la souche d’Huriel, notre baudet, ce qui doit rendre honteux mes détracteurs à l’époque où je pratiquais l’étalonnage, j’ai enfin rencontré des gens charmants, que je ne connaissais qu’au téléphone....une très belle journée.
Jean-Jacques, si tu me lis, reviens, avec Maryline, tu nous as manqué....

Par Olivier Trotignon - Publié dans : actualité - Communauté : Monde Animals
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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 15:25

chemin

 

Seuls les lecteurs habitants outre-mer peuvent l’ignorer: la sécheresse qui sévit sur le pays depuis le début du printemps n’a pas eu d’équivalent depuis plus d’une génération. Desséchée par la chaleur du soleil, le vent et le manque presque total de précipitations, l’herbe est devenue rare dans les prés broutés par les ânes.
Considérant que la mairie de la commune sur laquelle se trouve situé le plus gros de mon élevage allait continuer à broyer l’herbe des accotements, qui se trouve dès lors perdue pour tout le monde, j’ai entrepris d’envahir l’espace public en laissant mes bêtes aller fourrager dans le chemin qui mène aux parcelles que j’occupe.
La technique est toute simple et ne demande que quelques minutes de mise en place: une fausse clôture tendue en travers de la route limite l’espace qui va être brouté, et est suffisante pour dissuader les ânes d’aller voir au delà.
La végétation de bord de chemin est d’une variété appréciée par les animaux, qui engloutissent une masse de nourriture supérieure à la normale dans ces conditions, comme s’ils avaient compris qu’il fallait profiter de  chaque sortie, d’une durée limitée, pour s’attaquer aux herbes folles.
Ce principe ne fait que renouveler une très ancienne coutume qui consistait, pour les propriétaires d’ânes trop pauvres pour acheter de la terre, de profiter de tous les espaces en jachère pour faire brouter, à la belle saison, leurs animaux attachés à des piquets.
Nous espérons tous une pluie en quantité suffisante, dans les semaines à venir, pour permettre de faire reverdir les prés, mais, dans le cas contraire, l’expérience de faire manger par des herbivores des surfaces habituellement broyées pourrait être étendue pour permettre à certains éleveurs de trouver un peu d’herbe fraîche.

Par Olivier Trotignon - Publié dans : conseils - Communauté : Monde Animals
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Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 09:12

Cyrano-2010

Cyrano

 

Nous soufflons cette année les 20 bougies de mon premier âne, Cyrano, que j’aimerais vous présenter car il illustre très bien une des contradictions les plus flagrantes de l’actuelle race d’ânes Grand Noir du Berry.

Nous avons acheté Cyrano il y a 18 ans à la foire aux ânes de Lignières. Encouragé l’année suivante à le présenter en concours par un fidèle membre des Thiaulins, Cyrano repartait avec son premier trophée, à notre grand étonnement, il faut le souligner. Notre premier âne fit une courte carrière sur les champs de foire et surtout, trouva les deux compagnes de sa vie, Tara, disparue depuis, et Fanny de Coursey, doyenne de notre élevage.

Sur le papier, Cyrano n’a rien d’un Grand Noir, mais il en partage les origines. Bai brun foncé à la belle saison, 131 cms au garrot, il n’avait aucune chance d’entrer dans la cour des grands. Sa mère, par contre, était une ânesse GNB livre A, et avait même été présentée à Paris au Salon du Cheval en 1996. Cette femelle, sauf erreur de ma part, a donné d’autres produits femelles agréés à leur tour. C’est plus ce qui se produit dans les générations descendantes qui est intéressant à observer. Si le premier âne conçu avec Fanny fut vendu à des gens qui cherchaient une bête de compagnie et n’avait aucune chance d’entrer un jour dans le circuit Grand Noir, il n’en est pas de même de l’ânesse qui naquit de la rencontre entre Cyrano et Tara. 

Fiana-2010

Gaelle de Meslon, dite Fiana


Tara fut agréée Grand Noir en 1994, et était pleine au moment de sa reconnaissance. Elle mit au monde une ânesse le jour le Pentecôte de la même année. Tara fut resaillie par Pompon d’Uzay, et de leurs ébats allait naître Huriel une bonne poignée de mois plus tard. L’ânesse de Pentecôte, Fiana, n’était pas Grand Noir, son géniteur n’étant ni reconnu ni agréé, mais passa facilement la formalité de l’agrément à 3 ans. Inscrite sur le Livre A de la race, elle remporta quelques plaques dans les championnats de race et fut première au Salon du Cheval de Paris. Deux de ses produits sont à observer: Kolinda de Meslon, championne de France en 2004 et Ogham de Meslon, agréé baudet Grand Noir du Berry.

Lundi 24 mai, j’ai passé la journée entière à Lignières à observer les animaux et à recueillir les observations d’éleveurs confirmés et débutants. J’y ai vu des animaux Grand Noir manifestement trop petits, produits par des baudets dont on attend en vain la descendance. On m’a parlé encore et encore de consanguinité, et des projets d’aller chercher du sang pyrénéen pour retremper une race qui va bientôt se retrouver dans la situation du Baudet du Poitou il y a quelques décennies.

Comment rester sérieux devant ce constat? Lorsque, il y a une demi-douzaine d’années, je dénonçais les risques de plongeon génétique d’une race qui acceptait implicitement les croisements consanguins dans son programme de reproduction, tous les bien-pensants et bons petits soldats au garde-à-vous le petit doigt sur la couture de la biaude se sont ouvertement moqué de ma proposition de faire appel aux petits ânes noirs locaux, dont certains -je pense à un sujet particulier ayant sailli près de Saint-Amand-Montrond- ont généré certains des plus beaux sujets des débuts de la l’aventure Grand Noir, égalant sinon dépassant les performance de certains baudets.

Il aurait alors suffit de les laisser se reproduire deux ou trois saisons sous contrôle des Haras Nationaux pour récupérer les gênes salvateurs .

C’est sans illusion aucune que je garde Cyrano entier dans sa retraite paisible au milieu des lapins de garenne et des chats des champs. Il n’est ni Grand Noir, ni pyrénéen, mais il a bien servi, à sa façon, l’intérêt collectif.

 

Kolinda-2010

Kolinda de Meslon

 

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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 09:06

foire-2010-

 

 

Lundi 24 mai 2010, sur le champ de foire de Lignières. La foire aux ânes du lundi de Pentecôte vit ses dernières heures. C’est la fin prévisible et prévue d’une formidable aventure humaine. Lancée un peu par hasard il y a 25 ans par les Thiaulins de Lignières, la foire de la Pentecôte s’est imposée en quelques années comme la première manifestation asine de France, et peut-être même d’Europe occidentale, l’événement référent pour tous les amis d’un animal dont on connaissait à peine l’existence dans les années 80. Lignières, c’est une matrice dans laquelle a germé un fourmillement d’idées et d’initiatives. S’en sont inspirées des dizaines de foires concurrentes, dont certaines mauvaises copies ont rapidement disparu. C’est autour de ses barres chargées de bêtes que des dizaines de milliers de personnes sont venues apprendre le B.A.BA de l’éthologie de l’âne de leurs rêves, qu’est partie l’idée de faire reconnaître les ânes locaux comme une race à part, que des élevages -dont le mien- ont vu le jour. C’est là qu’on a cessé de rire de cette bête, de lui taper dessus, de la laisser avec des sabots de 30 cms boiter au fond d’un pré. 

Le public ne s’y est pas trompé. L’affluence, certains jours, a été digne du salon de l’agriculture, au point qu’il fallait faire ouvrir le passage devant les animaux présentés en concours pour pouvoir manœuvrer. Tous les politiques locaux y défilaient, surtout les veilles d’élection. Les chaînes de télévision nationales ont envoyé leurs camions-relais pour que les reportages soient prêts pour le journal de 20 heures...on pourrait écrire des pages et des pages pour rappeler tout ce qui a fait la réputation de la Foire de Pentecôte.

Puis le reflux est arrivé. L’inexcusable bavure du premier ministre Raffarin, nous obligeant à décaler d’un jour la foire de Pentecôte, devant un public clairsemé, tandis que le lendemain visiteurs et éleveurs découvraient un foirail vide et une fête éteinte. L’image de la foire ne s’en est jamais vraiment remise. La fièvre aphteuse, peu de temps avant, avait bloqué un certain nombre de bêtes dans les élevages. A cette accumulation de coups du sort se sont ajouté des erreurs techniques internes: surmédiatisation de la mule, disproportionnée en regard du nombre d’animaux présentés et focalisation quasi-unique sur l’âne Grand Noir du Berry, qui ont donné l’impression à certains éleveurs qu’ils n’avaient plus leur place autour du rond de présentation des bêtes. Le nombre d’animaux présents a commencé à diminuer au profit d’autres manifestations. Parallèlement, la moyenne d’âge des éleveurs d’ânes locaux n’a cessé de croître et la relève, découragée par les prix des investissements de départ, ne s’est pas faite. Autre moyenne d’âge en hausse, celle des organisateurs de la foire, qui s’avouent épuisés par la tâche à accomplir pour mener à bien ce monstre qu’est devenu Lignières -tout en, il faut quand même le signaler, refusant l’aide que certains âniers leurs ont proposé ces dernières années- et qui ont jeté le gant ce 24 mai.

Personne ne peut leur faire le moindre reproche. Leur travail nous a donné tellement de plaisir qu’on ne peut qu’être immensément reconnaissant pour toutes ces journées de pur bonheur -18 pour mon compte- passées au contact du public et des ânes.

Restent des questions sans réponse. 

Quelle forme va prendre la manifestation qui lui succédera? La conseillère générale du canton l’a affirmé publiquement, la foire ne s’arrêtera pas, mais à quoi ressemblera t-elle désormais? A une sorte, et j’emprunte l’expression à un de mes amis visiteur et blogeur de talent, de Grivelles de l’âne? Qui va reprendre le flambeau que tendent les Thiaulins, quand on sait que les éleveurs locaux ne sont plus qu’une poignée et qu’ils n’ont jamais vraiment été encouragés à s’investir?

J’ai constitué mon activité d’éleveur amateur grâce à (ou à cause de) la foire aux ânes, quelles sont mes perspectives si le débouché disparaît? Comment la région va t-elle compenser la perte économique que représenterait la fin de cette manifestation? Une partie des recettes ne pourrait-elle pas servir à rémunérer les bras qui font défaut?

La suite reste à inventer. Espérons que le monde des éleveurs, qui fournit, qu’on le veuille ou non, la matière première indispensable à la réussite des foires et fêtes aux ânes, ne sera pas tenu à l’écart de la réflexion à venir.

 

Par Olivier Trotignon - Publié dans : actualité - Communauté : Monde Animals
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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 09:00


Voici un comportement observé à plusieurs reprises lors de brûlis de végétation sèche ou de feux de débris de jardin. Plusieurs de nos ânes, loin de craindre les flammes, semblent au contraire s’exposer à la fumée, souvent en présentant leur arrière-train, sans paraître particulièrement incommodés, au point qu’il faut souvent les éloigner pour éviter que des escarbilles ne les atteignent. La distance entre le foyer et l’animal est quelquefois telle qu’il semble improbable que ça soit la chaleur qui l’attire, surtout quand l’opération se déroule en été. On penchera plutôt pour une action chimique de la fumée sur la robe des animaux, avec un possible effet insectifuge -les parties que l’âne présente au feu sont souvent les plus sensibles aux attaques des insectes. Je recommande donc, en restant vigilant, de laisser les animaux s’approcher des petits écobuages. Sans qu’on puisse dire avec certitude le bienfait qu’en retirent les ânes, il serait dommage de les priver de l’opportunité de suivre leur instinct.


 
Par Olivier Trotignon - Publié dans : conseils - Communauté : Monde Animals
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Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /Août /2009 09:43


Si vous êtes lecteur de ce blog et visiteur demain matin de la foire aux ânes de Braize, n'hésitez pas à venir nous rencontrer. J'y présenterai, comme à Lignières, un petit échantillon de mon élevage.
Il me reste trois jeunes mâles à vendre, un Grand Noir castré et deux ânes communs d'origine Grand Noir dont un sera visible sur place.
Bonne journée et bonne foire à tous et toutes,
O. Trotignon 
Par Olivier Trotignon - Publié dans : actualité - Communauté : Monde Animals
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