C’est avec un immense plaisir que j’ai pu participer une nouvelle fois -la dix-septième, en fait- à la foire aux ânes et aux mules de Lignières-en-Berry ce lundi de
Pentecôte 1er juin, après nos déboires de l’année dernière qui nous avaient contraints à faire demi-tour, hommes et bêtes, au bout de quelques kilomètres, suite à un fâcheux bris de matériel.
Difficile donc de comparer avec l’édition 2008, mais des tendances générales assez claires pour être perçues par l’essentiel des exposants. J’ai beaucoup entendu parler de déclin de la foire aux
ânes ce jour de Pentecôte. Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut plus comparer l’ événement à l’édition d’il y a 10 ans. Plus de 300 bêtes exposées alors (165 cette année, d’après le compte
fait par un de mes voisins exposant), presque 15 baudets présentés au concours Grand Noir en 1999, deux cette année, plus aucune personnalité de la société civile qui prenne la peine de
rencontrer les propriétaires, là où nous vîmes se promener député, sénateur, conseillers généraux et maires des communes du canton, absence de plusieurs races emblématiques comme le Poitou et
l’âne de Provence, une programmation sonore indigente -la Mère Gaspard, ça avait quand même une autre classe que Joe Dassin, tout ceci, entre autres,semble augurer d’un avenir difficile.
Et pourtant. Il demeure un paramètre qu’on ne peut mesurer qu’avec le recul qu’autorise l’expérience de la foire, c’est l’intérêt et la motivation du public.
Certes, les ventes ont été plus que pléthoriques, mais en période de crise économique, qui s’en étonnera? Ce qui a été flagrant ce jour, c’est la maturité des visiteurs, qui construisent
sereinement leur projet d’élevage, sans se précipiter dans des achats irréfléchis qui ne peuvent se traduire à terme que par des échecs dont nos bêtes seront les premières victimes. Alors ne nous
précipitons pas vers des conclusions trop hâtives. Certes, la foire aux ânes a perdu de son influence sur la bulle asine, mais c’est là le lot commun de tout explorateur qui fait école, souvent
copié, jamais égalé, et peu reconnu pour ses mérites.
L’avenir de cette manifestation passe par notre détermination, à nous, éleveurs ou propriétaires, à soutenir cette initiative par notre présence, fût-ce avec une
seule bête, sans nous occuper de l’attitude suffisante et dérisoire que certains caciques auto proclamés nous témoignent.
Sachant que quelques uns sont internautes, et passent parfois par cet espace, qu’il me soit permis de remercier les Thiaulins de Lignières, et en premier chef Mic
Baudimant et Jackie Germain, pour leur patience, leur pédagogie à désamorcer les conflits, pour tout ce qu’il font pour que vivent nos élevages et leur donne rendez-vous, sauf casse matérielle de
dernière minute, à l’an prochain pour une édition de leur foire que j’attend déjà avec impatience.
Jacky Daveze, et l'une de ses ânesses